« Je n’ai pas de mari »

Un Commentaire sur la rencontre de Jésus et la femme samaritaine (Jean 4, 1-42)

Jésus fatiguée est assis sous le soleil écrasant de midi, essuyant du pouce la sueur qui perle à son front. Puis, les yeux mi-clos comme pour se protéger de la lumière vive, il voit avancer une femme vers le puit, une cruche sur sa tête. Il attend patiemment qu’elle ait déposé son fardeau avant de lui demander de l’eau à boire. Étonnée que ce Juif s’adresse à elle, une Samaritaine, la femme ne manque pourtant pas de répondre et les voici maintenant sans transition engagés dans une conversation à propos de soif, de puit, d’eau, d’ancêtres… Ils discutent ainsi depuis quelques temps déjà, quand de Jésus vient un ordre étonnant, apparemment sans rapport avec leur conversation : « Va appeler ton mari, et reviens ici ».

La lueur d’excitation qui quelques minutes plus tôt éclairait son visage à la pensée que Jésus lui proposerait une solution miracle pour éviter la corvée quotidienne du puits disparait brusquement du visage de la femme. Son regard est maintenant hagard et se détourne pour se perdre dans le vide. À qui ou à quoi pense-t-elle ? Peut-être aux hommes qui jusqu’ici ont partagé son quotidien ? La douleur des séparations refait-elle insidieusement surface ? Un doute l’envahit-elle quant aux intentions de l’homme qui vit actuellement avec elle ?

Parfois quelques secondes peuvent durer une éternité…

J’imagine la femme, visage baissé, mâchoire serrée, remontant lentement ses mains crispées sur son cœur comme pour le protéger… On peut presque entendre ses dents grincer de douleur et sa respiration saccadée et profonde… Puis elle secoue la tête comme pour chasser de mauvais souvenirs avant de répondre dans un souffle, un murmure empreint de douleur, une voix à peine audible : « Je n’ai pas de mari ».

 Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira

Jean 8, 32

Voilà… elle l’avait dit. Sans essayer de nier sa réalité, d’embellir sa condition ou de justifier sa situation. Elle attendait maintenant la réaction de son interlocuteur, fuyant son regard, n’osant le regarder en face. Ses doigts toujours posés sur sa poitrine sentaient son cœur battre la chamade, les larmes montaient à ses yeux, mille et une questions se bousculaient dans sa tête : Jésus assis en face d’elle allait-il se moquer d’elle? la juger ? la condamner ? Ou peut-être piqué par la curiosité l’interroger sur ce qu’elle venait de dire et demander plus de détails ?

Rien de tout cela. Un autre silence passa, semblable à une éternité…

Et alors qu’elle n’y croyait plus, qu’intérieurement elle prenait ses jambes à son cou, voilà que la douce voix de Jésus empli de gentillesse la cloue sur place : « Tu as bien fait de dire : ‘Je n’ai pas de mari’ » retorque-t-il. Quoi ? Il la félicitait ? la surprise de la femme était telle qu’elle avait la bouche ouverte sans qu’aucun son ne puisse en sortir… Ses yeux yeux s’écarquillaient tour à tour d’étonnement, de confusion, d’incompréhension.

Sans lui laisser le temps de se ressaisir, elle l’entend ajouter : « tu as eu cinq maris et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit la vérité. »
À ces mots, un frisson tel un courant électrique la secoua de la tête aux pieds, déclenchant ce sanglot qu’elle retenait depuis des années. De ses mains moites, elle essayait de sécher les flots qui se déversaient à présent sur ses yeux – sans succès. Lentement, elle relève le menton pour croiser le regard de son interlocuteur et curieusement ce n’étaient plus des larmes de tristesse qui coulaient sur son visage. C’étaient des larmes de soulagement, de délivrance.

« Tu as dit la vérité »… Ces mots résonnent en moi aussi alors que je continue à méditer sur la rencontre entre la femme Samaritaine et Jésus. Plus tard une autre phrase viendra y faire écho : « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8, 32).

Est-ce cela que la femme Samaritaine a expérimenté ? Oui… Je pense qu’à l’instant où elle a connu Jésus, “le chemin, la vérité et la vie”, elle a été libérée de la culpabilité, du mensonge, du sentiment d’échec et même de la honte qu’elle portait avec elle depuis des années. Plus encore je crois que cette libération est disponible aujourd’hui encore pour chacune d’entre nous, pourvu que nous ayons le courage de venir au trône de la grâce telles que nous sommes, sans vouloir trouver des excuses, sans se présenter comme victimes ou essayer de minimiser les faits.

En effet, quel que soit notre passé, rappelons-nous toujours de ceci : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » (Romain 8, 1-2)

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